L’Histoire de l’Alliance Française de Calgary
Les débuts : un cercle de passionnés (1947-1950)
Un matin de février 1947, un petit groupe de professeurs et d’amateurs de la langue française se réunit dans une salle discrète de l’Hôtel
Empress à Calgary. Dans une ville où le français est largement minoritaire, ces passionnés rêvent d’un lieu où ils pourraient non seulement
parler la langue de Molière, mais aussi la faire vivre. À la tête de cette initiative se trouve le docteur Léon Beauchemin, médecin respecté
et figure influente de la communauté francophone. Président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), il est un fervent
défenseur du français et de la culture francophone dans l’Ouest canadien.
Lorsqu’il prend la tête du Cercle de l’Alliance Française en 1947, son objectif est clair : créer un espace où la langue et la culture
françaises pourront non seulement survivre, mais aussi prospérer. Il met son énergie au service de ce projet, encourageant les rencontres,
favorisant les échanges avec la France et posant les bases d’une institution qui allait devenir, des décennies plus tard, un acteur
incontournable de la francophonie à Calgary.
Les premières rencontres prennent la forme de déjeuners où l’on discute littérature, politique et arts. Un conférencier est souvent invité
et, à la fin du repas, une chanson française est jouée sur un phonographe. Une petite tradition se met en place : chacun partage une
anecdote ou un souvenir de la France, renforçant ainsi le lien entre ces francophiles installés en terre anglophone.
Mais très vite, ces passionnés ne veulent plus seulement parler français, ils veulent aussi le transmettre. En 1950, l’Alliance propose ses premiers cours de français, marquant un tournant décisif. Ce n’est plus seulement un club de discussion, mais bien un centre d’apprentissage où les Calgariens peuvent découvrir et approfondir la langue de Molière.

.png)
.png)
.png)
.png)
L’essor d’une institution (1953-1977)
Avec les années, l’Alliance Française de Calgary grandit et se structure. En 1953, elle crée un Club Français, un espace convivial où se retrouvent les passionnés de la langue et de la culture francophone. Ce club devient un point de rencontre incontournable pour les francophiles de Calgary, favorisant les échanges autour de la littérature, du théâtre et des grands débats d’idées.
En 1958, l’Alliance franchit une nouvelle étape en proposant des cours pour enfants, affirmant ainsi sa vocation pédagogique et attirant un public plus large. Cette initiative marque un tournant, transformant progressivement l’association en un véritable centre d’apprentissage du français.
Les années suivantes restent cependant peu documentées et marque l'essouflement de l'institution et la nécessité d'innover. Il est difficile de retracer précisément l’évolution de l’Alliance au cours des années 1960 et début 1970, mais son existence se maintient à travers ses cours et ses événements culturels. On sait qu’elle continue d’offrir des conférences, des projections de films et des moments d’échange, bien que l’ampleur de ses activités semble limitée.
En 1977, l’Alliance est officiellement incorporée sous le Societies Act of Alberta, lui donnant un cadre légal plus structuré et lui permettant d’envisager un avenir plus stable. Pourtant, à la fin des années 1970, l’association entre dans une période de stagnation. Les activités ralentissent, les membres se font plus rares et l’Alliance semble fonctionner en mode minimal, presque en veille. Son dynamisme des débuts s’essouffle, mais l’histoire est loin d’être terminée. Un nouveau souffle viendra bientôt raviver la flamme.
Un nouveau souffle avec le premier directeur (1979-1992)
En 1979, Albin et Françoise Salzedo arrivent à Calgary avec un objectif clair : redonner vie à l’Alliance Française. L’association, en perte de vitesse, a besoin d’un nouvel élan. Dès 1980, Albin devient le premier directeur général, un poste qui marque une professionnalisation de l’institution. Il restructure l’offre de cours, renforce la formation des enseignants et développe une programmation culturelle ambitieuse.
Les Salzedo veulent aussi offrir à l’Alliance un lieu permanent. Après des mois de démarches, leur rêve devient réalité en 1981 avec l’inauguration du French Centre (Société de la Maison Française de Calgary). Désormais, Calgary dispose d’un espace dédié à la langue et à la culture françaises.
Les années suivantes sont marquées par une expansion rapide. En 1984, l’Alliance lance le magazine Papier Mâché, qui devient un incontournable pour la communauté francophone. En 1987, elle déménage au 8th Street et 11th Avenue SW, puis inaugure en 1991 une galerie d’art et le magazine La Gazette, renforçant son rôle de pôle culturel.
Sur le plan éducatif, la croissance est tout aussi forte. En 1992, sous la direction de Thierry Lagnau, l’Alliance atteint 500 étudiants et enrichit son centre de ressources. Avec l’organisation d’événements majeurs comme la Fête de la Musique en 1998, elle affirme son engagement dans la promotion du français et de la culture francophone à Calgary.
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)

.png)
Un développement mouvementé (1993-2007)
Si la croissance est là, l’Alliance traverse aussi des périodes plus compliquées. Dans les années 1990, elle peine à trouver un lieu stable, ce qui entraîne plusieurs déménagements successifs et fragilise son fonctionnement. À la fin de la décennie, faute d’une meilleure option, elle s’installe dans un bâtiment pour le moins inhabituel : une ancienne morgue. Si l’anecdote prête à sourire, elle témoigne surtout des défis constants rencontrés par l’Alliance pour assurer sa pérennité dans un environnement anglophone. Pourtant, malgré l’aspect peu engageant du lieu, les cours se poursuivent et les événements culturels continuent, preuve de la détermination des équipes et du soutien indéfectible de la communauté.
Le début des années 2000 marque un tournant décisif. En 2003, sous l’impulsion du Juge Victor Tousignant, l’Alliance trouve enfin un cadre
plus prestigieux et adapté à ses ambitions : elle s’installe dans la Memorial Park Library, un bâtiment historique du centre-ville. Ce
déménagement marque un renouveau, permettant à l’Alliance d’élargir son offre éducative et culturelle, d’accroître sa visibilité et de
retrouver une certaine stabilité après une décennie de turbulences.
.png)

.png)
.png)
.png)








Une période de renouveau et de défis (2007-2015)
Sous la direction de Thomas Chaurin à partir de 2007, l’Alliance entame une phase de modernisation essentielle. La médiathèque est développée, enrichissant considérablement l’accès aux ressources francophones. Les infrastructures sont améliorées pour mieux répondre aux besoins des étudiants et des enseignants, tandis que l’offre éducative se professionnalise. À cette époque, l’Alliance atteint près de 1000 étudiants, ce qui témoigne de son rayonnement croissant.
L’Alliance renforce également sa place au sein de la communauté francophone et francophile. Les Café-Croissants, devenus un rendez-vous incontournable, rassemblent chaque mois des amateurs de langue et de culture françaises dans une ambiance conviviale. En parallèle, des événements culturels majeurs viennent enrichir la programmation, notamment avec l’invitation d’auteurs prestigieux. Cette dynamique positionne l’Alliance comme un véritable pôle culturel francophone dans la ville.
À cette époque, la profession d’enseignant de FLE (Français Langue Étrangère) commence à se structurer et à se démocratiser. L’Alliance suit cette évolution en recrutant des professeurs spécifiquement formés à l’enseignement du français aux non-francophones, assurant ainsi une pédagogie adaptée et reconnue. Parallèlement, elle élargit son offre académique en intégrant les examens DELF, une certification officielle qui renforce son rôle de centre d’apprentissage du français et attire un public toujours plus varié.
Toutefois, entre 2010 et 2015, l’Alliance traverse une période d’instabilité marquée par six changements de direction en cinq ans. Cette instabilité, combinée à des déménagements successifs et imprévus, perturbe le fonctionnement de l’institution, ralentit ses projets et freine son développement. En 2013, la situation devient particulièrement critique : l’Alliance, fragilisée par ces bouleversements, voit son ancrage à Calgary menacé. Malgré ces turbulences, elle parvient à maintenir son offre de cours et sa programmation culturelle, portée par la fidélité de sa communauté et une volonté inébranlable de promouvoir la langue française.










.png)
.png)
.png)
Un héritage solide et une expansion dynamique (2015-aujourd’hui)
Depuis 2015, l’Alliance Française de Calgary connaît un essor remarquable. Désormais installée à cSPACE Marda Loop, un pôle culturel dynamique, elle incarne bien plus qu’une école de langue : c’est un lieu de rencontres, d’échanges et d’immersion dans la francophonie. Forte de 2000 membres et 1200 apprenants, elle s’est imposée comme un centre éducatif reconnu, un espace social et culturel vivant, et un centre d’examens officiel.
Loin de se limiter aux cours de français, l’Alliance propose aujourd’hui une expérience complète de la francophonie. Chaque semaine, des activités variées—ateliers, projections, conférences, rencontres littéraires, festivals—permettent de vivre le français au-delà de son apprentissage. L’Alliance n’est plus seulement un lieu d’étude, c’est un véritable espace de vie où se croisent cultures et générations.
Depuis sa création en 1947, l’Alliance a su s’adapter et se réinventer tout en restant fidèle à sa mission : transmettre, partager et célébrer la langue et les cultures de langue française. Aujourd’hui plus que jamais, elle est un point de ralliement incontournable pour les francophones et francophiles de Calgary.
.png)
.png)
.png)


.png)
.png)

.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
Et l’histoire continue!
Pour découvrir l'historique des lieux où l'AFC a résidé ainsi que la liste de ses présidents et directeurs généraux, cliquez ici.